Chapitre 23 sur 25 · Lire son par son, 5 à 7 ans
La liste des sons, histoire par histoire
La liste de contrôle qui permet de vérifier la promesse du livre, la méthode employée pour la tenir, les écarts assumés, et la correspondance avec les premières années d'école des pays francophones.
À quoi sert cette liste
Ce livre repose sur une promesse, et une promesse invérifiable n'a pas de valeur. La promesse est qu'aucune histoire n'emploie un son qui n'a pas été introduit avant elle. La liste ci-dessous est ce qui permet à n'importe qui de la vérifier : elle donne, pour chacune des vingt histoires, la totalité des sons qu'elle ajoute. Tout ce qui est écrit dans une histoire se trouve dans sa ligne ou dans les lignes au-dessus.
Cette liste sert aussi à trois autres usages. Un enseignant qui suit une autre progression y voit tout de suite à quelle histoire il peut entrer. Un parent qui reprend le livre après une interruption y retrouve où en était l'enfant. Et une personne qui voudrait faire l'équivalent de ce recueil dans une autre langue y voit ce qu'il faudrait refaire, car ce ne serait pas une traduction : chaque langue a ses lettres, ses sons et son ordre, et une progression ne se traduit pas, elle se recommence. Un recueil de ce genre naît dans sa langue ou il ne vaut rien.
La vérification n'a pas été faite à la lecture. Un texte de cette nature ne se vérifie pas à l'œil : il suffit d'un mot sur mille pour que la promesse tombe, et l'œil d'un auteur qui relit son propre texte lit ce qu'il a voulu écrire. Elle a été faite deux fois : par un programme, décrit plus bas, puis par un contrôle croisé mené par quelqu'un qui n'avait pas écrit le volume. Les deux ont trouvé des défauts, et pas les mêmes.
| Histoire | Sons ajoutés | Ce que cela ouvre |
|---|---|---|
| 1. Papa répare la moto | a · à · e · é · i · o · u · l · m · r · p · t | Les six voyelles simples et cinq consonnes faciles. Les premiers mots et les premières phrases de trois mots. |
| 2. La tarte de mamie | d · f · v | Le mot de, qui relie deux mots entre eux. |
| 3. La lune sur la mare | n · s · ss | Le mot une. Le sifflement au début d'un mot et entre deux voyelles. |
| 4. La poule sur la route | ou | Le premier groupe de deux lettres pour un seul son. |
| 5. La barque de papi | b · c · qu · k | Le son dur et ses trois écritures. Les mots qui et que, donc la question. |
| 6. La vache et la mouche | ch · j | Le deuxième groupe de lettres, et son couple sonore. |
| 7. Les petits pas | s · t · d · x muets à la fin · es | Le pluriel écrit. Les mots les, des, mes, tes, ses. |
| 8. La peur de Malo | eu | Le troisième groupe de lettres. Les mots deux, seul, veut. |
| 9. Maman chante | an · am · en · em | Le premier son du nez, et ses quatre écritures. |
| 10. Le pont sur la mare | on · om | Le deuxième son du nez. |
| 11. Le lapin du jardin | in · im · un | Le dernier son du nez, avec ses deux écritures. Le mot un. |
| 12. La vigne de mamie | g · gu · gn | Le son dur du g, sa protection par le u, et un son entièrement neuf. |
| 13. Le roi de la mare | oi · oin · ui | Trois groupes très fréquents. Les mots moi, lui, loin. |
| 14. Le bateau sur l'eau | au · eau | Deux écritures de plus pour le son du o. L'apostrophe. |
| 15. La fête de la rivière | è · ê · â · ô · î · û · ll · tt · rr · mm · nn · pp · ff · cc | Les accents, les consonnes doublées, et enfin les mots elle et est. |
| 16. Le pain du matin | ai · ei · ain · ein · et à la fin | Deux écritures de plus pour le son ouvert du e. Les mots mais et met. |
| 17. La rose et le zèbre | s entre deux voyelles · z | Le bourdonnement. La raison d'être des deux s. |
| 18. Le glaçon de la girafe | c doux · ç · g doux · ge | La seconde voix des lettres c et g, et les signes qui la forcent. Le mot ces. |
| 19. Chanter et danser | er · ez · ent à la fin · h · ph · th | Les terminaisons des verbes, et la lettre qui ne se prononce jamais seule. |
| 20. Au soleil de la montagne | ill · eil · ail · ien · y | Le dernier son du recueil, le yod, et ses cinq écritures. |
Comment la vérification a été faite, et ce qu'elle a trouvé
Chaque mot du texte de chaque histoire a été découpé en groupes de lettres par un programme, puis chaque groupe a été comparé à la liste ci-dessus. Un seul groupe introduit plus tard que l'histoire où il apparaît fait échouer la vérification, et le programme nomme alors l'histoire, le mot et le groupe fautif.
Le point qui fait la valeur de ce découpage est le suivant : il emploie la liste complète des groupes du français, et non la seule liste de ce qui est déjà autorisé. La différence n'est pas théorique. Un mot comme mai s'écrit avec trois lettres que la première histoire connaît toutes, mais il ne se lit pas m-a-i : il se lit avec le groupe ai, qui n'arrive qu'à la seizième histoire. Un contrôle qui n'aurait cherché que des lettres autorisées aurait laissé passer ce mot et affirmé le contraire de la vérité. Trois défauts de ce genre ont été trouvés et corrigés pendant la fabrication.
Le programme a été lui-même mis à l'épreuve, parce qu'une garde qui n'a jamais refusé n'est pas une garde. On lui a soumis des mots fautifs introduits exprès, et il les a refusés en les nommant. Il a aussi produit deux faux refus, sur les mots lune et une, qui ont été corrigés dans le programme et non dans le livre : un contrôle qui crie à tort finit par ne plus être lu.
Puis le contrôle croisé est passé, et il a trouvé quatre choses que le programme ne pouvait pas voir. Elles méritent d'être écrites ici, parce qu'elles disent exactement où s'arrête une vérification automatique. Le mot ces était annoncé lisible à la septième histoire alors que son c se lit comme un s, valeur qui n'arrive qu'à la dix-huitième : le programme ne le voyait pas, puisque la lettre c était autorisée depuis la cinquième. Les mots blanc et trop se terminent par une consonne muette, un c et un p, qui ne figurent nulle part dans les lettres muettes enseignées à la septième histoire. Et le mot sel demande un e qui s'ouvre devant une seule consonne, règle que ce livre ne donne jamais.
Les deux leçons en sortent nettement. Un découpage en groupes ne suffit pas pour les consonnes finales muettes, qui ne se voient qu'en sachant que le mot se termine là. Et il ne suffit pas non plus pour la valeur d'une lettre qui dépend de ce qui la suit, quand la lettre est autorisée mais pas cette valeur-là. Ces deux angles morts sont désormais nommés, et c'est à eux qu'il faut revenir en premier si ce volume est un jour repris ou adapté.
Les écarts par rapport à l'ordre de référence
La progression suit l'ordre publié par le guide officiel cité au chapitre des sources, qui précise lui-même que les manuels s'en écartent par endroits. Deux écarts ont été pris ici, portant sur quatre lettres, et les voici avec leur motif.
- Les consonnes m, p et t sont remontées dans la première histoire, alors que l'ordre de référence les place à la période suivante, après les liquides et les fricatives. Sans elles, aucun verbe ne s'écrit et la première histoire ne serait pas une histoire mais une liste de mots. Le motif est le même pour les trois, et il vaut d'être dit : le critère qui gouverne le début d'une progression est la facilité de prononciation d'une consonne isolée, et ces trois-là la tiennent.
- Le a portant l'accent grave est remonté dans la première histoire, alors que l'ordre de référence le place bien plus tard, avec les autres formes du a. Il note exactement le même son que le a ordinaire : l'enfant n'a donc rien de nouveau à apprendre, et il gagne dès la première page le mot qui dit où l'on va.
Les mots que le découpage ne suffit pas à juger
Certains mots français ne se lisent pas comme leur découpage le laisse croire, et aucun programme ne peut en décider seul. Ils ont donc été traités un par un, et voici lesquels, pour que la liste de contrôle soit complète.
Le mot est se découpe en trois lettres que ce livre connaît toutes dès la septième histoire, mais il ne se lit pas ainsi. Il suit la règle du e qui s'ouvre devant deux consonnes, enseignée à la quinzième histoire, et c'est là qu'il entre dans le livre. Le mot elle est dans le même cas, avec ses deux l.
Le mot et n'entre qu'à la seizième histoire, avec les autres emplois des deux lettres finales, alors qu'il aurait pu paraître lisible bien plus tôt. C'est la raison pour laquelle le titre que l'enfant lit à la sixième histoire s'écrit sans lui, alors que la table des matières, qui s'adresse à l'adulte, l'emploie.
Enfin, les verbes au pluriel comme chantent et dansent se terminent par trois lettres qui ne se prononcent pas, alors que les mêmes trois lettres se prononcent dans vent. Rien à l'œil ne les distingue : c'est la nature du mot qui décide, et ces formes n'entrent qu'à la dix-neuvième histoire, avec la règle qui les explique.
Les sons enseignés que le recueil n'emploie dans aucune histoire
Ils sont annoncés par une histoire parce qu'ils appartiennent à sa famille de sons, mais aucun mot du recueil ne les porte. L'adulte les rencontrera donc ailleurs, et il vaut mieux qu'il le sache que de les chercher en vain.
- Les accents sur le a, le o, le i et le u, annoncés à la quinzième histoire avec leurs exemples âne, côte, île et sûr. Ils sont annoncés parce qu'ils ne changent rien au son, et que c'est justement ce qu'il faut savoir avant de les rencontrer ailleurs.
- La consonne doublée cc, annoncée à la quinzième histoire avec les sept autres. Les sept autres, elles, sont toutes employées.
- Toutes les autres écritures annoncées par le livre sont employées au moins une fois dans une histoire, et le contrôle par programme en tient la liste.
Ce recueil et les premières années d'école
Les correspondances entre les lettres et les sons décrites dans ce livre sont un fait de la langue française. Elles ne dépendent d'aucun pays, d'aucun programme et d'aucune réforme : elles valent partout où le français s'écrit. C'est la raison pour laquelle ce volume ne porte le nom d'aucune classe sur sa couverture, ni dans sa description, ni dans aucune de ses histoires. Le seul endroit de ce livre où des noms de classes s'écrivent est le tableau de correspondance ci-dessous, et c'est assumé : un repère se donne une fois, à l'endroit prévu pour lui.
Un adulte a pourtant besoin d'un repère, et le voici. Ce recueil accompagne l'année où un enfant francophone apprend à déchiffrer, c'est-à-dire la première année de l'école primaire dans la plupart des systèmes. Cette année ne porte pas le même nom d'un pays à l'autre, et elle ne commence pas partout au même âge. Le tableau ci-dessous donne les correspondances que la maison a pu vérifier à une page ouverte, aux dates de consultation portées au chapitre des sources.
Ce que ce tableau ne fait pas, il faut le dire aussi. Il ne dit pas qu'un enfant doit être dans cette année pour lire ce livre : un enfant plus jeune qui est prêt peut le commencer, un enfant plus âgé qui reprend le déchiffrage y a toute sa place, et un adulte qui apprend à lire le français y trouvera exactement la même progression. Il ne dit pas non plus ce qu'un programme national attend : ces programmes changent, ce livre non.
| Pays ou région | Nom de l'année | Âge habituel |
|---|---|---|
| France | Cours préparatoire | 6 ans |
| Belgique, Fédération Wallonie-Bruxelles | Première année primaire | 6 ans |
| Québec | Première année du primaire | 6 ans |
| Côte d'Ivoire | Cours préparatoire première année | 6 ans révolus |
Ce tableau est court, et c'est délibéré. Il ne porte que les systèmes dont la maison a pu vérifier le libellé exact à une page consultable gratuitement, et dont les adresses sont au chapitre des sources. La Suisse romande, le Luxembourg et plusieurs pays d'Afrique francophone en sont absents faute d'avoir trouvé une page officielle lisible à cette date : les inventer aurait été plus rapide et malhonnête. Si vous connaissez la référence qui manque, elle est la bienvenue à l'adresse de signalement portée par ce volume.
Cette liste garantit une chose et une seule : qu'aucune histoire n'emploie un son non enseigné. Elle ne garantit pas que l'enfant lira. Un texte parfaitement déchiffrable reste illisible pour un enfant qui n'entend pas encore les sons dans les mots dits à voix haute, et aucune progression écrite ne remplace ce travail-là, qui se fait par le jeu et par l'oreille, avant le livre et à côté de lui.