Une maison d'édition qui ne publie que des livres finis
Un livre de cette maison fait cinquante pages au minimum, il est relu par quelqu'un qui ne l'a pas écrit, et son texte se reprend sans nous demander la permission.
Voir le catalogueComment c'est fait
Ce que cette maison publie
Ce sont des manuels pédagogiques que l'ODERSA édite ici : des cours suivis, avec leurs exercices et leurs corrigés, mis en page comme un éditeur le fait. Chaque livre se lira en ligne et se téléchargera. Il n'y a ni compte à créer, ni essai gratuit, ni chapitre qui se dérobe au moment où il devient utile.
Le catalogue est vide aujourd'hui, et cette page le dit avant tout le reste. Aucun titre n'est annoncé, aucune date n'est avancée. Ce qui existe déjà, en revanche, c'est la règle : la maison ne met un livre en ligne que lorsqu'il est entier, relu par quelqu'un d'autre que son auteur, et daté.
Cette règle a un coût, et il est assumé. Un manuel complet demande des semaines pour un seul titre, là où un site de fiches en publie cent dans le même temps. L'ODERSA préfère un rayon court et sûr à un catalogue épais dont personne ne peut dire ce qui est fini.
Comment un livre naît
Cinq feuillets, dans l'ordre où ils se posent. Aucun ne se saute, et le quatrième est celui qu'un éditeur pressé oublie.
Le premier feuillet
On décide du titre, et d'un seul
Un livre s'ouvre par une décision de l'association, pas par une envie. La question posée est simple : quel manuel manque vraiment, et pour qui. Un sujet déjà couvert par un ouvrage libre et complet ne s'ouvre pas, même s'il serait facile à écrire.
La maison travaille sur un titre à la fois. Deux chantiers en parallèle avancent deux fois moins vite chacun, et le second finit toujours par emprunter au premier des chapitres écrits pour autre chose.
Le deuxième feuillet
On écrit tout, jusqu'à la table des matières
Le cours, la progression, les exercices, les corrigés, les illustrations libres qui les accompagnent : tout est écrit pour ce livre-là. Un manuel n'est pas un assemblage de documents qui existaient avant.
Le seuil est de cinquante pages. En dessous, un texte ne porte pas une progression complète avec ses exercices : c'est une fiche, elle a sa place ailleurs à l'ODERSA, mais pas sous le nom de livre.
Le troisième feuillet
Quelqu'un d'autre relit tout
Le contrôle est croisé, et c'est une obligation : personne ne relit son propre texte. Le relecteur reprend le raisonnement, refait les exercices, vérifie les corrigés et note ce qui ne tient pas. Il ne corrige pas la forme, il cherche les erreurs.
La relecture vaut pour chaque langue publiée. Une traduction relue par son traducteur n'est pas relue.
Le quatrième feuillet
Le livre reçoit son colophon, et son avertissement
Un colophon dit qui a fabriqué le livre, quand, avec quoi, et sous quelle licence. Il porte aussi la phrase que peu d'éditeurs écrivent : le double contrôle réduit les erreurs, il ne les supprime pas.
C'est le feuillet qu'on saute quand on est pressé, et c'est celui qui rend le livre défendable. Un ouvrage daté et signé se corrige ; un ouvrage anonyme se remplace.
Le cinquième feuillet
Il paraît dans toutes ses langues le même jour
Une traduction qui arrive six mois après n'est pas une traduction : c'est une autre édition, et les deux divergent dès la première correction. Un livre de cette maison paraît partout en même temps.
À partir de là, le livre vit : ce qui est signalé se corrige, et le livre est redaté. La date de vérification imprimée dedans ne se retamponne jamais sans une vérification réelle.

Ce qui entre, ce qui n'entre pas
Entre au catalogue
- Un manuel complet, avec sa progression, ses exercices et ses corrigés.
- Un texte relu intégralement par quelqu'un qui ne l'a pas écrit.
- Un colophon daté, nommant qui a fabriqué le livre et avec quoi.
- Une licence libre sur le contenu, écrite dans le livre et pas seulement sur le site.
- Des illustrations dont la licence est vérifiée à sa page d'origine, une par une.
N'entre pas
- Un recueil de fiches, même excellentes : sans progression, ce n'est pas un manuel.
- Un manuscrit relu par son auteur, ou relu à moitié.
- Un extrait qui donne envie d'acheter la suite : la maison ne vend rien.
- Une illustration dont la licence est annoncée par un dépôt mais pas par sa page d'origine.
- Un livre annoncé avant d'exister, avec ou sans date.
Le texte se reprend, la maquette non. C'est la seule exception au tout-libre de l'association, et elle est nommée plutôt que laissée dans le flou.
Ce qu'est un livre de la maison
Entier
Cinquante pages au minimum, du premier chapitre à la table des matières, exercices et corrigés compris. Un manuel qui s'arrête au milieu n'est pas publié.
Relu
Le contrôle est croisé : personne ne relit son propre texte. La date de vérification est imprimée dans le livre, et elle ne se retamponne qu'à une vérification réelle.
Repris
Le texte est sous licence Creative Commons Attribution : il se traduit, se photocopie, s'adapte et se vend même, à la seule condition de citer l'ODERSA.
Daté
Chaque livre porte son colophon : qui l'a fabriqué, quand, avec quoi, et l'avertissement qu'il peut contenir des erreurs malgré le double contrôle.
Pourquoi une maison d'édition, et pas un site de fiches
Un manuel n'est pas une collection de documents. Il a un ordre, une progression, un vocabulaire qui se pose au deuxième chapitre et qui sert au neuvième, des exercices qui reviennent sur ce qui vient d'être appris. Une personne qui apprend seule a besoin de cet ordre. Un enseignant qui prépare une séquence a besoin de savoir où le livre l'emmène.
Des manuels sous licence libre existent déjà, et la maison le dit avant de parler d'elle. En anglais, un catalogue entier de manuels ouverts est relu et adopté par des universités. En français, des professeurs publient depuis plus de vingt ans des manuels de mathématiques complets sous licence libre, avec leurs fichiers modifiables. En espagnol, un collectif d'enseignants du public fait la même chose sur plusieurs matières. Les adresses sont à la page des sources, et l'ODERSA n'a pas à refaire ce travail.
Le manque réel est ailleurs, et il est partout le même : là où un État distribue le manuel gratuitement, il interdit presque toujours de le réimprimer. On peut télécharger, on ne peut ni adapter, ni traduire, ni faire tirer deux cents exemplaires pour une classe. Et dans les langues que l'association sert le plus, aucun manuel complet sous licence libre ne se trouve. C'est cette place précise que la maison vient prendre : gratuit ne veut pas dire libre, et c'est le libre qui manque.

Aucun livre n'est publié à ce jour. La méthode de fabrication, elle, est écrite et publique : elle dit ce qu'un livre de cette maison doit tenir pour être mis en ligne, et c'est elle qui se juge aujourd'hui.