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Chapitre 1 sur 17 · L'eau et le temps qu'il fait

Avant de commencer

Pourquoi ce volume existe, ce qu'il couvre et ce qu'il ne couvre pas, comment le lire, et à qui la maison doit ce qu'elle a écrit ici.

La mission de ce volume

Personne n'a jamais eu besoin d'un laboratoire pour comprendre d'où vient la pluie. Une flaque qui sèche sur un trottoir, un verre froid qui se couvre de gouttes, un nuage qui grossit au-dessus d'une colline : tout le mécanisme est là, dehors, gratuit, et il se répète tous les jours. Ce volume part de ces scènes-là et va jusqu'au bout de ce qu'elles expliquent, sans rien demander qui coûte de l'argent.

La maison publie ce livre parce que le sujet est à la fois universel et mal servi. Universel : l'eau change d'état de la même façon partout, et le ciel se lit avec les mêmes mots sur tous les continents. Mal servi : ce qui circule le plus sur ce sujet, ce sont des schémas fléchés que l'on recopie sans savoir ce que chaque flèche recouvre, et des bulletins météo que l'on regarde sans savoir comment ils sont fabriqués. Un schéma recopié ne rend personne capable d'expliquer pourquoi une flaque disparaît sans bouillir.

Le lecteur visé est un adulte qui enseigne, accompagne ou apprend seul : un enseignant qui prépare une séance, un parent qui répond à une question posée dans la voiture, un animateur de centre social, une personne qui reprend des études et veut des bases solides. Le volume est écrit pour être lu par cet adulte, et pour que les explications et les expériences qu'il contient puissent être reprises telles quelles devant un enfant.

Le manque que ce livre comble est précis. Entre la fiche d'une page, trop courte pour installer une progression, et l'ouvrage universitaire, hors de portée, il manque un cours complet, gratuit, réutilisable, qui tienne ses affirmations à des sources publiques et vérifiables. C'est exactement ce que la maison fabrique.

Le périmètre : ce que ce volume couvre, et ce qu'il ne couvre pas

Le volume couvre le chemin complet d'une goutte d'eau et la lecture du temps qu'il fait. Il commence par la physique la plus simple, les changements d'état, parce que rien de ce qui suit ne s'explique sans elle. Il continue par la vapeur d'eau invisible, les nuages, les précipitations, ce qui arrive à l'eau quand elle a touché le sol, les rivières et leurs bassins. Il assemble ensuite le cycle entier, puis il suit le trajet artificiel qui va de la rivière au robinet et du robinet à la rivière. Il se termine par les gestes de la météo au quotidien : mesurer, tenir un relevé, lire un bulletin, et distinguer le temps qu'il fait du climat.

Le volume ne couvre pas ce qu'il ne peut pas enseigner honnêtement. Il n'explique pas la mécanique des masses d'air à l'échelle du globe, ni les équations des modèles de prévision : ces objets demandent des mathématiques que ce volume ne suppose pas. Il ne traite pas non plus du changement climatique pour lui-même. Il installe la distinction entre météo et climat, qui en est la porte d'entrée, et il s'arrête là où commencerait un autre volume.

Et il y a une frontière que ce livre ne franchit jamais, parce qu'elle est dangereuse. Ce volume explique comment une eau est rendue potable dans une usine de traitement ; il ne donne aucune méthode pour rendre une eau potable chez soi, et une eau qui n'est pas distribuée comme potable ne se boit pas sur la foi d'un livre. De la même façon, ce volume explique ce que signifient les couleurs d'une carte de vigilance et qui les publie ; il ne dit à personne quoi faire en cas d'orage, de crue ou de canicule. Ces consignes-là appartiennent aux autorités qui les publient au moment où le danger existe, et elles se lisent à leur source, jamais dans un manuel écrit des mois plus tôt.

Ce livre enseigne comment un domaine fonctionne. Il ne prescrit aucune conduite en situation de danger, aucun traitement de l'eau à domicile, et aucun geste dont l'échec mettrait quelqu'un en difficulté. Une information de sécurité se prend auprès de qui la publie et la met à jour.

Comment utiliser ce livre

Les chapitres du corps se lisent dans l'ordre, et ce n'est pas une préférence de style : chaque chapitre annonce en tête ce qu'il suppose déjà su, et renvoie au chapitre de ce volume qui l'installe. Un lecteur qui saute un chapitre trouvera plus loin des mots qu'il n'a pas rencontrés. Le premier chapitre ne suppose rien du tout.

Chaque chapitre s'ouvre sur ses objectifs, écrits un par ligne et commençant tous par un verbe d'action : nommer, distinguer, mesurer, retrouver. Ce sont des choses observables. À la fin du chapitre, un lecteur qui ne sait pas encore faire l'une d'elles sait exactement laquelle relire, et où.

Chaque chapitre se ferme sur un récapitulatif court, puis sur une auto-évaluation de quelques questions. Ces questions ne sont pas un examen : elles couvrent les objectifs annoncés au début, et elles ne demandent rien qui n'ait été donné dans le volume à cet endroit précis. Répondez par écrit, même brièvement, avant d'aller voir la réponse. Une réponse que l'on croit connaître et que l'on n'a pas formulée n'est pas encore une réponse.

Les corrigés ne sont pas sous les questions. Ils sont regroupés dans leur propre chapitre, en fin de volume, dans l'ordre de lecture : le corrigé d'un chapitre porte le nom de ce chapitre. Ce déplacement est volontaire, et il a une raison unique : une réponse visible en tournant les yeux n'est pas une réponse que l'on a cherchée.

Le glossaire, également en fin de volume, reprend les termes que le cours définit. Servez-vous-en dans les deux sens : pour retrouver un mot croisé sans le comprendre, et pour vérifier après coup que le mot que vous employez veut bien dire ce que vous croyez.

Les expériences, et la règle qui les accompagne

Le volume propose des expériences à faire à la maison. Elles sont conçues pour n'employer que des objets ordinaires : de l'eau, des récipients, une assiette, un pot de confiture, une règle graduée, des glaçons, du sable, du gravier, un feutre, un cahier. Aucune ne demande de produit chimique, aucune ne demande de feu, et aucune ne demande un instrument de laboratoire. Une seule suppose un thermomètre ordinaire : si vous n'en avez pas, l'expérience se lit et les autres colonnes du relevé se tiennent sans lui.

Chaque descriptif d'expérience porte sa consigne de sécurité, écrite à l'endroit où le risque existe, et la même règle vaut pour toutes sans exception : une expérience de ce livre se fait avec l'accord d'un adulte, et l'adulte est présent. Ce n'est pas une formule de précaution recopiée. De l'eau chaude, un récipient de verre, un objet posé sur un rebord, un déplacement dehors pour relever une mesure : ce sont des situations banales, et c'est précisément parce qu'elles sont banales que la présence de quelqu'un qui décide vaut mieux qu'une consigne écrite.

Quand une expérience demande de l'eau chaude, c'est l'adulte qui la manipule, du robinet ou de la bouilloire jusqu'au récipient, et l'enfant observe. Quand une expérience se fait dehors, l'adulte choisit l'endroit. Une expérience qu'un adulte préfère ne pas faire ne se fait pas : le volume donne toujours, à côté, ce que l'expérience était censée montrer, et cette explication se lit très bien sans l'avoir faite.

Remerciements

Ce volume ne contient presque rien qui lui appartienne en propre. Ce qu'il apporte, c'est un ordre de lecture, des exemples travaillés et des expériences ; tout le reste vient de services publics qui publient leur savoir gratuitement, et la maison leur doit d'exister.

Les faits météorologiques de ce livre viennent des pages publiques de Météo-France : la formation des nuages, la définition des précipitations, la mesure de la température, la fabrication d'une prévision, le dispositif de vigilance et les normales climatiques. La classification des nuages vient de l'Atlas international des nuages de l'Organisation météorologique mondiale, qui est le document de référence commun à tous les services météorologiques du monde.

Les faits sur l'eau viennent d'Eaufrance, le service public d'information sur l'eau, des agences de l'eau qui publient des dossiers pédagogiques librement consultables, et du rapport public sur l'état de l'environnement pour les chiffres de prélèvement. Un texte réglementaire français, publié au Journal officiel et cité en fin de volume, a été consulté pour situer les notions traitées ; ce volume ne se range sous le programme d'aucun pays, et il est écrit pour être lu partout.

La maison remercie enfin les personnes qui signaleront les erreurs de ce volume. Un manuel relu deux fois peut encore en contenir, et un signalement précis vaut mieux qu'une indulgence polie. Le chapitre des sources donne chaque adresse consultée et la date à laquelle elle l'a été : c'est ce qui rend un désaccord vérifiable au lieu de le rendre poli.

Le contenu de ce volume est publié sous licence CC BY 4.0 : il se copie, se traduit, s'adapte, s'imprime et se diffuse, à la seule condition de citer l'ODERSA et l'adresse de la maison. La maquette éditoriale, elle, reste à l'ODERSA.