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Chapitre 1 sur 17 · Conjuguer sans hésiter

Avant de commencer

Pourquoi ce cahier existe, ce qu'il couvre et ce qu'il laisse de côté, comment s'en servir, et à qui la maison doit son contenu.

Pourquoi ce cahier existe

Conjuguer n'est pas une affaire de compréhension. Presque tous ceux qui hésitent sur une terminaison savent parfaitement expliquer la règle : ils savent que le verbe s'accorde avec son sujet, ils savent qu'au futur on part de l'infinitif, ils savent que le passé composé se fabrique avec un auxiliaire. Ce qui leur manque n'est pas la règle, c'est la vitesse. Au moment d'écrire, la forme juste doit venir seule, sans qu'il faille interrompre la phrase pour la reconstruire.

Cette vitesse ne s'obtient que d'une façon, et cette maison ne connaît pas de raccourci : par la répétition espacée dans le temps. Un cahier d'exercices n'est donc pas un manuel abrégé. C'est un outil d'entraînement, et son contenu principal n'est pas le cours mais les séries à faire, avec de quoi se corriger seul.

Ce volume est écrit pour trois usages. Un adulte qui reprend l'écrit y trouve un entraînement qu'il peut mener seul, sans professeur et sans corrigé vendu à part. Un enseignant y trouve des séries prêtes à donner, avec leurs corrigés complets. Un parent ou un éducateur y trouve de quoi accompagner un enfant sans avoir à réinventer les exercices ni à deviner les réponses attendues.

Ce que ce cahier couvre, et ce qu'il laisse de côté

Le périmètre est celui de l'indicatif, et à l'intérieur de l'indicatif celui des temps que l'on emploie tous les jours : le présent, l'imparfait, le futur et le passé composé. Ces temps sont travaillés sur les verbes les plus employés de la langue, c'est-à-dire sur ceux dont la forme ne se devine pas : être, avoir, aller, faire, dire, venir, pouvoir, voir, vouloir, prendre, savoir et devoir, plus la masse régulière des verbes dont l'infinitif se termine par -er et de ceux qui se conjuguent comme finir. Quelques verbes très courants apparaissent en outre dans les séries lorsque la règle du chapitre suffit à les produire, et les tables de la fin du volume donnent alors ce qu'il faut pour vérifier.

Ce cahier laisse volontairement de côté le passé simple, le conditionnel, le subjonctif, l'impératif et tous les temps composés autres que le passé composé. Ce n'est pas un jugement sur leur utilité : c'est une décision de dosage. Un cahier qui touche à tout n'entraîne rien, parce qu'il ne repasse jamais deux fois au même endroit.

Il laisse aussi de côté l'accord du participe passé employé avec l'auxiliaire avoir, hors du cas où il n'y a rien à accorder. La raison est écrite ici plutôt que cachée : cette règle demande de savoir repérer un complément direct et de savoir s'il est placé avant ou après le verbe, ce qui est une compétence d'analyse de la phrase et non de conjugaison. Un volume de cette maison la traitera pour elle-même. En attendant, ce cahier n'entraîne que ce qu'il installe.

Comment se servir de ce cahier

Les chapitres se lisent dans l'ordre, et cet ordre n'est pas décoratif : chaque série ne demande que ce que les séries précédentes ont installé. Sauter un chapitre revient à se donner un exercice impossible et à croire ensuite que l'on est mauvais en conjugaison.

Chaque série s'ouvre par un rappel de cours court. Ce rappel n'est pas une leçon : il tient en quelques lignes parce qu'il sert à remettre la règle en tête juste avant de s'en servir, pas à l'enseigner pour la première fois. Lisez-le, puis faites la série entière avant de regarder quoi que ce soit d'autre.

Les corrigés ne sont pas sous les énoncés. Ils sont tous regroupés dans un chapitre à la fin du volume, et ils y sont rangés dans l'ordre exact des exercices : le premier corrigé du chapitre des corrigés répond au premier exercice du cahier, et ainsi de suite jusqu'au dernier. Cette séparation est un dispositif, pas une contrainte de mise en page. Une réponse visible au coin de l'œil se lit avant d'avoir été cherchée, et un exercice dont on a vu la réponse n'a pas été fait.

Écrivez vos réponses avant de vous corriger, même celles dont vous êtes sûr, et corrigez-vous série par série plutôt qu'exercice par exercice. Un corrigé de cette maison ne donne jamais la seule réponse : il donne la forme attendue, puis la règle qui la produit et la raison pour laquelle c'est celle-là. C'est ce chemin qui se transporte à l'exercice suivant, et non la forme juste elle-même.

Une série sur quatre environ ne porte pas sur le chapitre où elle se trouve : elle remet en jeu des chapitres antérieurs, en les mélangeant. Ces séries de reprise sont les plus utiles du cahier et ce sont celles qui donnent l'impression de mal aller. C'est normal, et c'est même le signe qu'elles travaillent : tant que tous les verbes d'une page sont au même temps, on peut répondre sans lire la question.

Le glossaire, en fin de volume, définit tous les mots de grammaire employés ici. Les tables de conjugaison des annexes servent à vérifier une forme après coup, jamais à remplir un exercice : une forme recopiée n'apprend rien.

Remerciements

Ce cahier doit sa terminologie et ses définitions au guide de terminologie grammaticale publié par le ministère français de l'Éducation nationale, qui met à disposition de tous, gratuitement, un vocabulaire commun pour parler de la langue. Il doit ses règles d'accord et ses valeurs d'emploi à la Banque de dépannage linguistique de l'Office québécois de la langue française, qui répond en ligne et sans péage à des questions que la plupart des ouvrages font payer.

La façon dont les séries sont bâties doit beaucoup aux travaux publics sur la mémoire et l'entraînement, et notamment aux guides de pratique diffusés en accès libre par l'Institute of Education Sciences des États-Unis, dont les rapports sont dans le domaine public. Le chapitre des sources donne les adresses complètes.

Aucune personne n'est nommée dans ce volume, et c'est une règle de la maison : l'ODERSA publie en son nom collectif. Les erreurs qui subsistent sont les siennes, et elle remercie par avance ceux qui prendront le temps de les signaler.

Ce cahier est publié sous licence Creative Commons Attribution 4.0 : vous pouvez le copier, l'imprimer, le distribuer et l'adapter, y compris pour une classe entière, à condition d'en citer la source. Seule la maquette éditoriale reste réservée.