Chapitre 14 sur 17 · L'eau et le temps qu'il fait
Glossaire
Tous les termes définis par ce volume, rassemblés dans l'ordre alphabétique, avec une définition qui tient sans avoir relu le chapitre d'origine.
Comment se sert ce glossaire
Chaque entrée de ce glossaire est définie sans renvoyer à une autre entrée qu'il faudrait aller chercher d'abord. Une définition qui oblige à un détour n'aide personne au moment où l'on en a besoin, c'est-à-dire au milieu d'une phrase que l'on ne comprend pas.
Servez-vous-en dans les deux sens. Dans le sens évident : vous croisez un mot dont vous n'êtes pas sûr, vous venez ici, vous repartez. Dans le sens moins évident, et c'est le plus utile : après avoir écrit une réponse, vérifiez que les mots que vous avez employés veulent bien dire ce que vous croyiez. La moitié des erreurs de ce domaine sont des erreurs de vocabulaire, pas de raisonnement.
Quatre couples de notions se confondent plus souvent que tous les autres, et chacun a ses deux entrées ici : eau brute et eau potable, aquifère et nappe, ruissellement et infiltration, météorologie et climat. Si vous ne relisez que huit entrées de ce glossaire, relisez celles-là.
De A à B
Les termes d'instrument et de territoire, plus les deux premières formes de précipitation.
- Abri météorologique
- Le boîtier blanc et ajouré, placé à 1,5 mètre du sol, dans lequel se mesurent la température de l'air et l'humidité. Il protège le capteur du rayonnement et des précipitations tout en laissant circuler l'air. Blanc pour renvoyer la lumière, ajouré pour ne pas mesurer l'air de sa propre boîte.
- Affluent
- Un cours d'eau qui se jette dans un autre. Le point de rencontre entre les deux s'appelle le confluent.
- Anémomètre
- L'instrument qui mesure la vitesse du vent. Sa valeur s'exprime en kilomètres par heure, en mètres par seconde ou en nœuds, et elle est toujours une moyenne sur une durée déclarée.
- Anticyclone
- Une zone de haute pression atmosphérique. L'air en sort vers les zones de basse pression, et c'est cette circulation qui constitue le vent.
- Aquifère
- La roche poreuse et perméable du sous-sol, ou la roche fissurée, capable de contenir de l'eau et de la laisser circuler. L'aquifère est la ROCHE ; l'eau qu'elle contient s'appelle la nappe.
- Assainissement collectif
- Le traitement des eaux usées par un réseau d'égouts qui les conduit à une station d'épuration commune à plusieurs habitations.
- Assainissement non collectif
- Le traitement des eaux usées sur la parcelle même de l'habitation, par un dispositif individuel, quand aucun réseau d'égouts ne la dessert.
- Averse
- Une précipitation brève, qui commence et cesse brusquement et dont l'intensité varie vite. Elle vient de nuages en tas, cumulus et cumulonimbus, et non de couches étendues.
- Baromètre
- L'instrument qui mesure la pression atmosphérique. Sa valeur s'exprime en hectopascals et se ramène au niveau de la mer pour rester comparable d'un lieu à l'autre.
- Bassin versant
- Le territoire correspondant à l'ensemble de la surface recevant les eaux qui circulent naturellement vers un même cours d'eau ou vers une même nappe d'eau souterraine. Sa limite est tracée par le relief et ne suit jamais une frontière administrative.
- Brouillard
- La suspension dans l'atmosphère de très petites gouttelettes d'eau réduisant la visibilité au sol à moins d'un kilomètre. C'est un nuage dont la base touche le sol. Au-dessus d'un kilomètre de visibilité, on parle de brume.
- Bruine
- Une précipitation liquide faite de gouttelettes très fines, dont le diamètre n'excède pas 0,5 millimètre. Elle semble flotter plus que tomber.
- Bulletin de prévision
- Le document qui annonce le temps attendu. Il répond à la question de ce qui va se passer, et sa précision diminue à mesure que l'échéance s'éloigne. Il ne se confond pas avec la carte de vigilance, qui répond à la question du danger.
De C à É
Les changements d'état, les mots du climat, et les deux extrêmes d'un cours d'eau.
- Carte de vigilance
- Le document qui signale les dangers potentiels d'une situation météorologique, par département et par couleur. Il répond à la question du danger, jamais à celle du temps qu'il fera. Les conduites à tenir sont publiées avec lui, au moment où le danger existe.
- Château d'eau
- Le réservoir d'eau potable placé en hauteur. Sa hauteur met le réseau sous pression et permet de distribuer par la seule gravité, sans faire tourner une pompe en permanence.
- Climat
- Le comportement habituel de l'atmosphère en un lieu, décrit par des moyennes, des dispersions autour de ces moyennes et des valeurs extrêmes. Son échelle est la dizaine d'années. Aucune journée particulière ne le renseigne.
- Condensation
- Le passage de l'eau de l'état gazeux à l'état liquide. Elle se produit quand l'air est refroidi jusqu'à son point de rosée. Elle explique la buée, la rosée, le brouillard et les nuages.
- Condensation solide
- Le passage direct de l'eau de l'état gazeux à l'état solide, sans étape liquide. Elle se produit sur une surface déjà refroidie sous zéro degré, et c'est elle qui donne le givre.
- Condition normalisée
- Une règle de mesure identique partout, définie par l'Organisation météorologique mondiale, et qui existe pour qu'une observation faite ici soit comparable à une observation faite ailleurs. Chacune répare une façon précise de se tromper.
- Confluent
- Le point exact où un cours d'eau se jette dans un autre.
- Convection
- Le mouvement par lequel un air réchauffé au contact d'un sol chaud se dilate, devient plus léger, monte et se refroidit en altitude. C'est le moteur des nuages en tas et des orages.
- Crue
- Une augmentation importante du débit et de la hauteur d'un cours d'eau. L'eau y est haute, rapide et brune, parce qu'elle transporte des particules arrachées aux sols.
- Débit de base
- La part du débit d'un cours d'eau qui vient de la restitution des nappes souterraines. C'est elle qui fait couler une rivière hors période de pluie.
- Dépression
- Une zone de basse pression atmosphérique. L'air y converge depuis les zones de haute pression, et plus les lignes d'égale pression sont resserrées, plus le vent est fort.
- Eau brute
- L'eau telle qu'elle est prélevée dans le milieu naturel, avant tout traitement. Elle peut être propre sans être potable : les deux mots ne sont pas synonymes.
- Eau potable
- Une eau distribuée comme propre à la consommation, après filtration et désinfection, et soumise à des contrôles réglementés. Sa potabilité ne se juge ni à sa limpidité, ni à son goût, ni à son origine.
- Écart à la normale
- La différence entre une valeur mesurée et la normale correspondante. Il ne se lit qu'en sachant sur quelle période la normale a été calculée : la même mesure donne deux écarts différents selon la référence employée.
- Étage
- L'une des trois tranches verticales dans lesquelles la classification internationale range les nuages : étage supérieur, étage moyen, étage inférieur. Un nuage se range à l'altitude de sa BASE, jamais de son sommet.
- État initial
- L'image de l'atmosphère à l'instant où un calcul de prévision commence, reconstituée à partir des observations disponibles. C'est une approximation, jamais la réalité elle-même, et ses petits écarts grandissent à chaque pas de calcul.
- État liquide
- L'état dans lequel l'eau garde son volume mais prend la forme de ce qui la contient. C'est l'eau de la pluie, du robinet et des rivières, et ce sont aussi les gouttelettes en suspension qui forment un nuage.
- État solide
- L'état dans lequel l'eau garde à la fois sa forme et son volume. C'est la glace, la neige, la grêle, le givre. Une eau à l'état solide se prend en main.
- Étiage
- La période de l'année où le débit d'un cours d'eau est le plus bas. L'eau y est claire, parce qu'elle vient surtout des nappes, et le lit se réduit à un chenal étroit.
- Évaporation
- Le passage de l'eau de l'état liquide à l'état gazeux, à la surface libre du liquide et à toute température. Lente, silencieuse, sans bulles. C'est elle, et non l'ébullition, qui alimente les nuages du monde entier.
- Évapotranspiration
- La somme de l'évaporation des surfaces d'eau et des sols et de la transpiration des végétaux. C'est par elle qu'une forêt renvoie dans l'air une part de l'eau que ses racines ont prise au sol.
- Exutoire
- L'endroit où un cours d'eau, ou un bassin versant tout entier, évacue ses eaux : un autre cours d'eau, un lac, ou la mer.
De F à N
Les formes de précipitation solide, les mots du sol, et ceux de la mesure du ciel.
- Fusion
- Le passage de l'eau de l'état solide à l'état liquide. Un glaçon qui fond dans un verre en est une.
- Genre
- Le premier niveau de la classification internationale des nuages. Il en existe dix, et un nuage appartient toujours à un seul. Le genre se détermine sur la forme du nuage et sur l'altitude de sa base.
- Girouette
- L'instrument qui repère la direction d'où vient le vent. Un vent est toujours nommé par la direction d'où il vient, jamais par celle vers laquelle il va.
- Givre
- Le dépôt de cristaux de glace formé par condensation solide sur une surface descendue sous zéro degré. Il se distingue d'une plaque de glace lisse par son aspect en aiguilles, qui vient du passage direct de la vapeur au solide.
- Grand cycle de l'eau
- Le cycle naturel de l'eau à l'échelle de la planète : évaporation, nuages, précipitations, ruissellement, infiltration. Il fonctionne sans aucune intervention humaine, et c'est en cela qu'il se distingue du petit cycle.
- Grêle
- Une précipitation solide faite de particules de glace de diamètre supérieur à 5 millimètres, les grêlons. Ils viennent de nuages aux courants ascendants puissants, qui les font remonter plusieurs fois avant qu'ils ne tombent.
- Grésil
- Une précipitation solide faite de petits grains de glace, plus fins et plus tendres que les grêlons, et qui rebondissent sur le sol. Aucun diamètre ne le définit à la source : le seul seuil publié est celui de la grêle, à 5 millimètres.
- Humidité relative
- Le rapport entre la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air et la quantité maximale possible à sa température, exprimé en pourcentage. Elle compare chaque air à sa propre limite du moment, jamais deux airs entre eux.
- Hygromètre
- L'instrument qui mesure l'humidité relative de l'air. Il se place dans le même abri que le thermomètre, puisque l'humidité relative dépend de la température.
- Imperméable
- Se dit d'un matériau que l'eau ne peut pas traverser à un rythme utile, soit que ses vides soient trop fins, soit qu'ils communiquent mal entre eux. Une argile est imperméable ; le bitume et le béton le sont aussi.
- Infiltration
- L'entrée de l'eau dans le sol par ses pores et ses fissures, puis sa descente sous l'effet de la gravité jusqu'à un substratum imperméable. Elle est lente, et elle alimente les réserves souterraines.
- Ligne de partage des eaux
- La frontière naturelle entre deux bassins versants voisins, dessinée par le relief et correspondant aux lignes de crête. Deux gouttes tombant de part et d'autre alimentent deux bassins différents.
- Météorologie
- L'étude et la prévision de l'état de l'atmosphère à court terme : ce qu'il fait aujourd'hui, ce qu'il fera dans les jours qui viennent. Son échelle est l'heure et le jour.
- Millimètre de pluie
- L'unité de la hauteur d'eau tombée. Un millimètre de pluie équivaut à un litre d'eau par mètre carré. On mesure une hauteur et non un volume, parce qu'une hauteur ne dépend pas de la taille du récipient.
- Modèle de prévision
- Une représentation mathématique de l'atmosphère, qui part d'un état initial mesuré et calcule de proche en proche son évolution probable.
- Nappe
- L'eau accumulée dans tous les espaces vides d'un aquifère. Ce n'est ni un lac ni une rivière souterraine : c'est un volume de roche mouillée, qui s'écoule très lentement.
- Nappe phréatique
- La nappe la plus proche de la surface. C'est celle qu'atteint un puits et celle qui alimente la plupart des sources. Sa faible profondeur la rend facilement accessible pour les activités humaines, et tout aussi exposée à ce qui se répand en surface.
- Nébulosité
- La part du ciel couverte par les nuages, estimée à l'œil et exprimée en huitièmes. Zéro sur huit est un ciel entièrement dégagé, huit sur huit un ciel entièrement couvert.
- Neige
- Une précipitation solide faite de cristaux ou de flocons, qui se forme quand la température de l'air est négative ou avoisine zéro degré. Sa hauteur au sol ne mesure pas une quantité d'eau : elle mesure la façon dont les flocons se sont empilés.
- Normale climatologique
- Une référence statistique calculée sur une période de trente ans et mise à jour chaque décennie, à laquelle on compare les valeurs mesurées. La période employée aujourd'hui en France est 1991-2020.
- Noyau de condensation
- La minuscule particule en suspension dans l'air, poussière, sel marin, pollen ou suie, sur laquelle une gouttelette se forme. Sans surface d'accroche, la vapeur d'eau se condense très mal, même dans un air saturé.
De P à Z
Les mots du sol et du réseau, ceux de la mesure, et les derniers changements d'état.
- Perméable
- Se dit d'un matériau que l'eau peut traverser, parce que ses vides sont assez larges et qu'ils communiquent entre eux. Un sable est perméable ; un calcaire fissuré aussi, bien qu'il soit dur.
- Petit cycle de l'eau
- Le trajet entièrement artificiel qui va de la ressource au robinet, puis du robinet au milieu naturel : captage, potabilisation, stockage, distribution, collecte, épuration. Il emprunte de l'eau au grand cycle et la lui rend.
- Pluie
- Une précipitation liquide faite de gouttes de diamètre supérieur à 0,5 millimètre.
- Pluviomètre
- L'instrument qui mesure la hauteur d'eau tombée. Ses parois doivent être droites et verticales, il se pose à découvert, loin des murs et des arbres, et il se vide entièrement après chaque relevé.
- Point de rosée
- La température jusqu'à laquelle il faut refroidir un air, sans rien lui ajouter ni lui retirer, pour qu'il atteigne la saturation. C'est lui, et non l'humidité relative, qui permet de comparer deux airs entre eux.
- Potabilisation
- Le traitement qui rend potable une eau brute, principalement par filtration, qui retire les particules en suspension, et par désinfection, qui élimine les micro-organismes. Elle se fait en usine, au début du petit cycle.
- Précipitation
- Une particule d'eau, à l'état liquide ou solide, qui chute dans l'atmosphère. Un nuage et un brouillard n'en sont pas, leurs gouttelettes restant en suspension.
- Prélèvement et consommation
- Deux grandeurs qu'il ne faut jamais confondre. Prélever, c'est retirer de l'eau au milieu naturel ; consommer, c'est ne pas la lui rendre. Une eau qui refroidit une centrale est prélevée puis restituée un peu plus chaude ; une eau qu'une plante évapore est consommée. En France, en 2022, entre 12 % et 15 % de l'eau douce prélevée a été réellement consommée.
- Pression atmosphérique
- La grandeur exprimée en hectopascals dont les différences mettent l'air en mouvement. L'air va des zones de haute pression, les anticyclones, vers les zones de basse pression, les dépressions.
- Radar météorologique
- L'instrument qui suit les précipitations à distance en envoyant une onde et en mesurant ce que les gouttes lui renvoient. Il ne recueille rien : il voit la pluie en altitude, parfois avant qu'elle ne touche le sol.
- Réservoir
- Un endroit où l'eau séjourne entre deux déplacements du cycle : océan, atmosphère, glacier, nappe, cours d'eau, sol, être vivant. La durée du séjour va de quelques jours à plusieurs milliers d'années selon le réservoir.
- Rosée
- Le dépôt de gouttelettes d'eau formé par condensation sur une surface, végétaux ou sol, refroidie pendant la nuit jusqu'au point de rosée de l'air qui la touche.
- Ruissellement
- L'écoulement de l'eau à la surface du sol, en suivant la pente. Rapide, il emporte de la terre et alimente directement les cours d'eau. Cinq facteurs l'augmentent : la pente, l'imperméabilité du sol, l'intensité de la pluie, l'absence de végétation et la saturation préalable du sol.
- Saturation
- L'état d'un air qui contient toute la vapeur d'eau qu'il peut contenir à sa température. Un air saturé ne peut plus rien absorber : tout apport, ou tout refroidissement, provoque une condensation.
- Solidification
- Le passage de l'eau de l'état liquide à l'état solide. Une flaque prise en glace au petit matin en est une.
- Soulèvement orographique
- L'ascension forcée d'une masse d'air poussée par le vent contre un relief. Elle refroidit l'air par la seule contrainte de la pente, sans qu'aucune chaleur de sol n'intervienne, et elle explique le versant humide d'une montagne.
- Source
- L'endroit où un cours d'eau commence, le plus souvent parce qu'une nappe souterraine y ressort à l'air libre.
- Station d'épuration
- L'installation qui reçoit les eaux usées collectées et les nettoie avant de les rendre au milieu naturel. Elle se trouve à la fin du petit cycle, et son eau ne repart jamais vers les robinets.
- Sublimation
- Le passage direct de l'eau de l'état solide à l'état gazeux, sans étape liquide. De la neige qui diminue par grand froid sans mouiller le sol se sublime.
- Substratum imperméable
- La couche compacte qui interrompt la descente de l'eau souterraine et sur laquelle la nappe repose. Sans elle, il n'y aurait ni nappe, ni source, ni puits.
- Thermomètre
- L'instrument qui mesure la température. En météorologie, il se place à 1,5 mètre du sol dans un abri blanc et ajouré : sans cet abri, il mesure sa propre température et non celle de l'air.
- Vapeur d'eau
- L'eau à l'état gazeux. Elle est parfaitement transparente et représente entre 0,1 % et environ 5 % de l'air ambiant. Tout ce qui est blanc et visible dans l'air est déjà redevenu liquide ou solide.
- Vaporisation
- Le passage de l'eau de l'état liquide à l'état gazeux. Elle prend deux formes très différentes : l'évaporation, lente, à toute température, à la surface libre ; l'ébullition, rapide, à cent degrés sous la pression habituelle, dans toute la masse.
- Vent
- Le mouvement horizontal de l'air, né des différences de pression. Sa mesure comprend une direction, relevée par une girouette et nommée d'où le vent vient, et une vitesse, relevée par un anémomètre et toujours moyennée sur une durée déclarée.
- Vigilance météorologique
- Le dispositif qui signale les dangers potentiels d'une situation météorologique, par département et par couleur : vert, pas de vigilance particulière ; jaune, soyez attentif ; orange, soyez très vigilant ; rouge, une vigilance absolue s'impose. Il ne prévoit pas le temps, il signale un danger.